Amis de Radio-Canada, signez la pétition !

Pour un moratoire sur les compressions et une commission parlementaire sur l’avenir du diffuseur public !

SIGNEZ LA PÉTITION DÈS MAINTENANT !

Depuis cinq ans, 2000 postes ont été abolis à CBC/Radio-Canada. Sans aucun mandat et sans consultation publique, le gouvernement de Stephen Harper démantèle et met lentement à mort notre seul diffuseur public au pays. Pour sa part, la direction de CBC/Radio-Canada impose des règles de gestion et des orientations propres aux médias du secteur privé qui sont incompatibles avec les mandats confiés à la Société et qui nous mènent tout droit vers la faillite.

Nous, soussignés, invitons donc la population, les experts, la communauté médiatique ainsi que tous les partis politiques fédéraux et provinciaux à soutenir notre demande à la Chambre des communes de moratoire sur les récentes compressions imposées à CBC/Radio-Canada et la tenue, dans les plus brefs délais, d’une commission parlementaire publique sur l’avenir de notre radiodiffuseur public. Celle-ci se penchera, notamment, sur son financement, sur sa gouvernance, sur sa mission et sur sa programmation. Nous vous invitons à prendre part à ce large débat. Radio-Canada nous appartient collectivement et il est temps que nous nous exprimions sur son avenir.

Enfin disponible! Le Livre blanc sur l’avenir de CBC/Radio-Canada

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Nous croyons qu’il est temps d’entreprendre collectivement une réflexion sur l’avenir de notre diffuseur public. Nous proposons qu’elle s’articule autour des quatre grands thèmes suivants:

  • Avons-nous besoin d’un diffuseur public national ?
  • Quel genre de programmation devrait diffuser Radio-Canada/CBC sur ses plateformes ?
  • Comment le diffuseur public devrait-il être financé ?
  • Comment le diffuseur public devrait-il être dirigé ?

Vous pouvez participer en ligne à la consultation sur l’avenir de Radio-Canada en cliquant ici.

Pour participer à la consultation en anglais, c’est ici.

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L’avenir de Radio-Canada une question qui nous concerne tous

Entrevue avec Alain Saulnier

Ancien directeur de l’information à Radio-Canada, Alain Saulnier publiait au début du mois le livre Ici était Radio-Canada (éditions Boréal).  Il a bien voulu répondre à nos questions sur l’avenir du diffuseur public.

Vous avez énormément critiqué le plan stratégique d’Hubert Lacroix. Où pensez-vous du plan de la direction de Radio-Canada, en route vers 2020?

À mon point de vue, ce n’est pas un véritable plan stratégique. C’est un plan de démantèlement de l’entreprise.  Il y a beaucoup d’improvisation dans tout ça. On a l’impression que les choses ne sont pas véritablement précisées.  Quel est le rôle de chacun des secteurs? De quelle façon les choses doivent aller? Le rôle de Radio-Canada par rapport à l’ensemble de l’entreprise Radio-Canada/CBC.  On semble même vouloir fusionner Radio-Canada et CBC.  Il y a beaucoup, beaucoup de choses et des choses qui sont inquiétantes.

Par ailleurs, ce qui me préoccupe plus que tout, c’est que nous avons affaire à l’heure actuelle à une direction de Radio-Canada, dont 10 des 12  membres du conseil d’administration ont été, y compris Hubert  T. Lacroix, des contributeurs au Parti conservateur. Je trouve que ça commence de plus ou plus à les disqualifier sur l’avenir de Radio-Canada parce qu’on n’est pas certain qu’il s’agit d’une véritable vision  stratégique indépendante et libre ou s’il ne s’agit pas d’une vision stratégique imposée par la mouvance conservatrice. Ça, c’est pour moi, le plus préoccupant au moment où on se parle.

Devrait-on envisager un nouveau modèle pour Radio-Canada?

Dans mon essai, je reprends certaines des recommandations de la Commission Kaplan-Sauvageau. Dans cette commission, on avait indiqué justement qu’il fallait revoir le mode de nomination des membres du conseil d’administration de Radio-Canada de même que la nomination du président-directeur général.  On a l’impression qu’il y a une nébuleuse totale de ce point de vue et ça fait en sorte que les gens qui sont nommés le sont toujours sur des bases partisanes.

J’ai rarement vu un conseil d’administration composé de gens qui sont autant éloignés de la connaissance des médias. À certains égards, il y a un danger d’avoir ce type de composition.  C’est pour ça que j’en appelle aux parlementaires pour qu’ils puissent s’asseoir et commencer à explorer ce que pourrait être une nouvelle loi de Radio-Canada à l’ère numérique.  Cette nouvelle loi intégrerait un certain nombre de considérations pour ce qui est du mode de nomination des membres du conseil d’administration, du PDG et aussi qu’on affirme clairement que Radio-Canada est une société indépendante du pouvoir politique.

Dans un contexte où les revenus publicitaires sont en baisse, où le gouvernement affame Radio-Canada, n’y aurait-il pas lieu aussi de revoir son modèle de financement?

Oui, on ne peut pas avoir cette dépendance où chaque année on est obligé de quémander un financement qui est toujours remis en question par le parti politique. C’est un peu comme quêter, faire la manche. On ne peut pas avoir ça. C’est la raison pour laquelle je commence à explorer, et il faut qu’on le fasse, d’autres modes de financement.  Par exemple en Europe, le modèle de la BBC, des redevances. Mais même ça, ça n’est pas suffisant parce que le modèle des redevances ne s’applique qu’aux appareils de radio et de télévision.  Or, il y a de plus en plus d’appareils de mobilité qui occupent l’espace. J’ai des étudiants en journalisme qui n’ont même plus d’appareil de télévision, mais ils écoutent quand même la télévision sur Internet sur leur ordinateur. Il faut qu’on aille chercher aussi la contribution de tous ces modes d’écoute et de consultation de la production de contenu de Radio-Canada.

Par ailleurs, j’ajoute également qu’il va falloir aussi, avec tous les pays occidentaux où ce mode existe, qu’on soit capable de revoir la relation avec les sites agrégateurs, avec les Android, avec les Google, avec Microsoft.  On doit exiger qu’ils soient de bons citoyens corporatifs afin de mettre de l’argent de côté pour les diffuseurs publics qui sont essentiels aussi bien à l’ère numérique qu’avant.   Je dirais même davantage à l’ère numérique parce qu’on a besoin de repères plus solides.

Justement, Hubert T. Lacroix soutient qu’il doit effectuer des compressions pour que Radio-Canada passe à l’ère numérique. Comment Radio-Canada peut entreprendre le virage numérique actuellement et quelles pourraient être ses grandes forces?

Tout ce qui s’appelle mode de production est en train de changer. Les outils de productions sont en train de changer, les formats sont en train de changer.  Il est de plus en plus rare que les moins de 35 ans écoutent sur une base régulière, de façon constante des segments d’émission, même sur Internet en reprise ou enregistré.  De plus en plus, il va falloir revoir comment on peut offrir des contenus du diffuseur public sur toutes les plateformes voulues.

Ça veut aussi dire que dans le domaine journalistique, il va falloir voir comment on peut utiliser les réseaux sociaux pour aller chercher cette génération des moins de 35 ans. Comment peut-on être aussi en mesure d’offrir des sites où on peut faire des reportages longs pour être capables de mettre en perspective des choses.

Mais dans tout ce débat,  il faut avoir la masse critique de gens qui a été formée à l’école du diffuseur public. Ça prend donc des gens passionnés qui veulent faire un travail libre indépendant aussi bien en information que dans le domaine culturel, dans le domaine dramatique, ou même dans le domaine de l’humour, des sports.  On doit avoir la liberté de traiter de toutes les questions lorsqu’on fait une émission humoristique comme le Bye-Bye, par exemple.  On doit avoir la liberté de vérifier les concessions sportives comme celle des Canadiens de Montréal même si des fois on a des ententes avec Rogers ou avec Bell.  C’est ça aussi la force de Radio-Canada.

Misons oui sur les tuyaux, sur les appareils, sur les formats, mais misons aussi pour essayer de bénéficier au maximum  de tout ce qui s’appelle le patrimoine existant et transmettons ce patrimoine pour que les plus jeunes puissent s’en emparer.  Sauf que le drame à l’heure actuelle, c’est que les plus jeunes sont en train d’être écartés complètement parce qu’on fait des coupures et des compressions sans réfléchir.

Est-ce que vous avez l’impression que les Québécois,  les Canadiens sont assez attachés à Radio-Canada pour le défendre?  On a l’impression que le discours de sauvegarde de Radio-Canada repose sur les employés ou les ex-radio-canadiens comme vous.

La tragédie, elle est là.  Il y a beaucoup de gens  qui aujourd’hui naviguent dans cet univers numérique où il y a une surabondance de sources d’information ou il y a une surabondance d’endroits et de contenus.  Il suffit d’aller voir les best off du jour sur Youtube pour explorer une multitude de cultures, de formes et de nouvelles de toutes sortes.  Il y a quelque part quelque chose de dangereux dans cette surabondance. C’est comme un leurre.  Les gens ne voient pas à quel point on n’a plus de repères solides.

Peut-être que c’est là où nous avons été fautifs de ne pas suffisamment faire l’exercice pédagogique auprès des plus jeunes.   Lorsqu’on a créé la radio, en 1936 ou la télévision en 1952, on savait que c’était pour se prémunir de l’invasion américaine.  On savait qu’on voulait avoir notre propre culture, nous les francophones, à travers un médium, en premier lieu radio et ensuite télé parce qu’on voulait déployer et faire rayonner les contenus culturels, les productions culturelles.  Même chose en matière d’information, on voulait aussi se distinguer parce que nous étions des francophones en Amérique et au Québec. Aujourd’hui, c’est tout aussi important d’avoir ce débat.  Pourquoi a-t-on a besoin d’un diffuseur public malgré la surabondance?

C’est fondamental comme question et comme exercice pédagogique. On a besoin de gens qui l’expriment à nouveau et qui soient des relayeurs de vision pour que les plus jeunes, les moins de 35 ans, comprennent que oui, on est en train de passer à un paquet de nouveaux formats, mais suivez-nous sur ces nouveaux formats parce que ça en vaut la peine, parce que notre contenu se distingue des autres, parce que c’est celui d’un diffuseur public libre et indépendant.

Mais pour ça, il faut avoir des ressources et être capable de conserver une certaine qualité, non?

À un moment donné, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.  À l’heure actuelle, on a l’impression qu’on est en train de lapider le patrimoine familial.  Si on veut faire des transformations, cela prend des leaders inspirants, des membres du conseil d’administration qui sont à leur manière des visionnaires, des gens qui sont capables de réfléchir et de consulter. Malheureusement aujourd’hui, on est pris avec une mouvance conservatrice qui est celle qui doit procéder à ces changements.  Je me permets de douter du plan qui est proposé, qui est mis sur la table parce que c’est à peu près certain qu’il est collé à cette mouvance, qu’il est issu de cette mouvance.

Qu’est-ce que les Canadiens et les travailleurs de Radio-Canada peuvent faire?

Ma contribution était d’écrire un livre.  La contribution de n’importe lequel individu c’est de signer une pétition, de rencontrer son député et les candidats lors des élections qui s’annoncent au fédéral. C’est d’écrire des lettres dans les journaux.  C’est de relayer toutes ces informations où on lance un appel à une certaine forme de survie, pour maintenir le diffuseur public sur Facebook, sur les réseaux sociaux.

Et en parallèlement de tout ça, il faut poursuivre le débat pédagogique. Notre job, c’est d’expliquer pourquoi c’est si important, même à l’ère numérique de maintenir Radio-Canada comme producteur de contenus. C’est fondamental. Les meilleurs pédagogues d’entre nous doivent s’impliquer dans des lettres, des déclarations, des échanges dans nos familles, avec tout le monde.

Références du livre d’Alain Saulnier Ici était Radio-Canada

Des artistes sont inquiets

Le collectif Je suis Radio-Canada (facebook.com/jesuisradiocanada|) a produit une série de vidéos où des artistes s’expriment sur le lien qui les unit à Radio-Canada. Leurs témoignages mettent en relief le rôle que joue le diffuseur public dans la société par sa programmation unique. Les voici : 

 

Catherine Durand, auteure-compositeure-interprète : « Radio-Canada, c’est probablement la plus belle fenêtre et la plus belle porte d’entrée pour la culture francophone ».

 

David Giguère, comédien et musicien : « On a besoin de moyens pour que cette télé évolue et continue de nous ressembler ».

 

Angèle Dubeau, violoniste : « Je viens partager mon inquiétude grandissante quant à l’avenir de notre service public ».

 

Catherine Major, auteure-compositeure-interprète et musicienne : « Pour moi, Radio-Canada, c’est la survie des artistes ».

 

Stéphane Archambault, du groupe Mes Aïeux : « C’est la première place qui a diffusé un paquet d’artistes qu’on entend aujourd’hui ».

 

Alex Nevsky, auteur-compositeur-interprète : Radio-Canada, c’est une bonne partie de mon éducation et une énorme fenêtre sur le monde.

 

Louise Forestier, auteure-compositeure-interprète : « Ce qui se passe est en train de me rendre complètement folle ».

 

Vincent Vallières, auteur-compositeur-interprète : « Radio-Canada est un lieu de diffusion d’exception, parce que ça permet la diversité des genres, la diversité des musiques, la diversité télévisuelle ».

 

Michel Rivard, auteur-compositeur-interprète : « Il faut que Radio-Canada survive et continue sa mission au 21e siècle ».

 

Louis-Jean Cormier, artiste de la chanson : « Radio-Canada représente pour moi un oeil sur le monde, un tympan sur la réalité musicale du Québec, une source inépuisable de culture générale ».

 

Ariane Moffat, auteure-compositeure-interprète : « C’est fondamental qu’on ait la voix de Radio-Canada pour continuer à être juste un peu hors des sentiers battus ».

 

Pierre Lapointe, auteur-compositeur-interprète : « La culture, l’information, la curiosité, ça rapporte pas rapidement, ça rapporte à long terme dans une société ». 

La lente destruction d’un service public

Depuis 2009, Radio-Canada n’a connu que des compressions. La série a culminé le 26 juin dernier, avec l’annonce de la stratégie 2015-2020. Ce déclin s’est fait progressivement, sans que les conséquences ne sautent aux yeux. Mais lorsque l’on examine le détail des impacts de ces compressions, il est évident que le réseau français n’est déjà plus que l’ombre de ce qu’il a déjà été.

Juin 2014

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Dans la stratégie 2015-2020, intitulée Un espace pour nous tous, Radio-Canada parle de compressions de 100 millions de dollars sur cinq ans et de la disparition de 1000 à 1500 postes.

L’élément-clé de cette stratégie est un virage vers la mobilité (téléphones intelligents, tablettes, etc.). Et la quête de revenus publicitaires est au cœur des changements annoncés.

« Le radiodiffuseur public doit demeurer ancré dans le présent pour soutenir les services traditionnels, de même que les auditoires et les revenus que ceux-ci attirent, tout en ayant un pied dans l’avenir pour suivre la migration des auditoires et des revenus. Il devra faire des choix pour déterminer où, comment et quand il investit, et faire preuve d’audace pour reconnaître, ou même influencer les changements de comportement des auditoires. Les services traditionnels devraient demeurer une source importante d’auditoires et de revenus en 2020, mais il y aura un virage important vers les plateformes mobiles et numériques pour ce qui est des ressources, des auditoires et des revenus », lit-on dans le plan stratégique.

En clair, le citoyen devient un consommateur générateur de revenus, dont il faut suivre et même influencer les comportements. Le service public devient un fournisseur de contenus qui doivent avant tout être populaires.

Derrière la langue de bois de la direction de Radio-Canada, il est difficile de décoder précisément ce qui s’en vient. Le tableau ci-dessous, tiré du document Un espace pour nous tous, permet toutefois de voir quelles sont les intentions de la direction (cliquer sur le tableau pour l’agrandir).

tableau2015-2020

- La musique et les sports perdront sur toute la ligne, avec une réduction des investissements sur toutes les plateformes.

- Dans tous les autres secteurs, il y aura une augmentation des investissements sur les plateformes mobiles.

- Pas de changements à la radio, sauf pour la radio parlée régionale à CBC, dont les ressources augmenteront.

- Il y aura moins d’information (nouvelles, affaires publiques ou documentaires) offerte en vidéo sur demande ou au moyen de la télévision par contournement (en anglais : over the top ou OTT, c’est-à-dire des sites comme YouTube, plateforme sur laquelle Radio-Canada offre des émissions et des reportages).

- L’information régionale diminuera à la télé. Dans les faits, la majorité des bulletins de nouvelles régionaux passeront de 60 à 30 minutes.

- À la télé, sur les plateformes mobiles et sur Tou.tv, les arts et divertissements connaîtront un boum des investissements. Pas surprenant, puisque ce sont les types de contenus les plus susceptibles de faire vendre de la publicité.

Avril 2014

Deux mois avant l’annonce du plan stratégique 2015-2020, Radio-Canada annonce des compressions de 130 millions et la suppression de 657 emplois sur deux ans, dont 312 au réseau français. Le tout en raison de revenus publicitaires inférieurs aux prévisions. Voici quelques exemples des impacts de ces compressions.

- Le service des sports est ravagé : 55 emplois sur 75 sont supprimés. Radio-Canada se distinguait par sa couverture du sport amateur, négligé par les réseaux privés. Désormais, les événements amateurs seront couverts, mais seulement s’ils s’autofinancent. Le bulletin de sports au Téléjournal est aboli.
– Fin de la programmation régionale d’Espace musique.
– Des émissions de radio régionales du samedi de la Première chaîne sont abolies.
– Le service des relations avec l’auditoire est aboli au réseau français, mais pas au réseau anglais. Chaque année, il recevait environ 140 000 communications (plaintes, remarques ou questions) en provenance des auditeurs, téléspectateurs et internautes francophones. De ce nombre, environ 40 000 recevaient un traitement un peu plus élaboré.
– Trois postes de journaliste et un de réalisateur sont supprimés à l’émission Enquête; un poste de journaliste à La semaine verte.
– Suppression de 35 postes cette année et 12 l’année prochaine à l’information
– Il y aura davantage de rediffusions à la radio et à la télé.
– La durée du Téléjournal midi passe de 1 heure à 30 minutes.
– Fermeture du centre d’écoute, qui surveillait entre autres les communications de la police et des services d’urgence à l’affût des événements qui pouvaient être traités en nouvelles

Octobre 2012

Compressions de 28,4 millions en raison de l’élimination par le CRTC du Fonds d’aide à la programmation locale. Radio-Canada décide toutefois de maintenir une production en région et de répartir l’impact sur tout le réseau

Depuis mars 2012

Compressions du financement fédéral de 115 millions sur trois ans; suppression de 650 postes partout au Canada. Voici quelques-uns des impacts de ces compressions.

- La durée des bulletins de nouvelles radio de l’heure passe de 8 minutes à 6 minutes.
– Les radiojournaux de 6h30, 7h30 et 16h30 sont supprimés.
– Le radiojournal de 17h est amputé de 5 minutes, celui de 18h est supprimé.
– Fin du téléjournal de 21h au RDI.
– Les journalistes de la station de Sherbrooke reçoivent la directive de ne plus faire de reportages pour la radio.
– Fin des bulletins de nouvelles télévisés du midi en région.
– Fin des émissions de nuit à Espace musique.
– Réduction de moitié des créneaux de diffusion régionale sur Espace musique.
– Apparition de la publicité sur Espace musique.
– Réduction du nombre d’épisodes de certaines émissions.
– Fin de l’émission Une heure sur Terre, animée par Jean-François Lépine et axée sur les enjeux internationaux.
– Fermeture des bureaux de Radio-Canada en Afrique (Sénégal) et en Amérique du Sud (Brésil). La journaliste Sophie Langlois couvre désormais l’Afrique à partir de Montréal.
– Fermeture du site internet et de l’émission Bande à part, qui faisait découvrir la musique émergente.
– Production des bulletins de nouvelles au moyen de régies automatisées, ce qui réduit beaucoup la flexibilité d’une diffusion en direct.
– Fin de la transmission sur ondes courtes de Radio Canada International (RCI). RCI était un peu l’équivalent canadien de Radio France International: un service qui diffusait de l’information non censurée en mandarin, russe, espagnol, portugais, arabe, français et anglais partout dans le monde. Les sections brésilienne et russe sont fermées. Maintenant toute la production de RCI n’est diffusée que sur internet. Or, en Chine, le site de RCI est censuré…
– Fin de la transmission sur ondes courtes dans le Grand Nord canadien.
– Mise hors service de 607 émetteurs analogiques, qui permettaient toujours à des milliers de Canadiens de capter le signal télé par antenne.
– Suppression des postes de réceptionnistes dans les stations régionales. Ce sont les employés de production qui doivent maintenant répondre à la porte ou au téléphone.
– Suppression de 8 postes de sténotypistes et restructuration du service du sous-titrage codé pour les malentendants.

Mars 2009

Annonce de la suppression de 805 postes partout au Canada, dont 335 au réseau français, en raison d’un manque à gagner de 171 millions de dollars.

- Disparition du Radiojournal de 18h et réduction de 5 minutes de celui de 8h
– Réduction des équipes de Une heure sur terre, Découverte, La facture, Enquête et L’épicerie
– Un des deux correspondants à Paris est rapatrié
– Fin de RDI Junior
– Réduction de moitié des créneaux horaires des émissions jeunesse
– Fin des émissions midi produites en région à la radio. La tribune de Pierre Maisonneuve devient nationale.
– Intégration radio-télé-web à l’information. Les équipes doivent de plus en plus souvent alimenter plusieurs plateformes, ce qui signifie moins de temps à consacrer à la recherche pour les reportages. Des postes de journalistes à la recherche sont supprimés.

Lettre au président du conseil d’administration de Radio-Canada

Lettre d’Alex Levasseur, président du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN) au président du conseil d’administration de Radio-Canada:

Montréal, le lundi 28 avril 2014

M. Rémi Racine,
Président du conseil d’administration,
Société Radio-Canada,
1400 boul. René-Lévesque est
Montréal, Qc

Objet : Compressions budgétaires et avenir du diffuseur public.

Monsieur le Président,

Les employés de CBC/Radio-Canada vivent depuis des années des compressions et des coupes dans les budgets du diffuseur public. Ils voient leur milieu de travail et le diffuseur public rétrécir davantage chaque année. Et plusieurs d’entre eux doivent par conséquent dire adieu à leur gagne-pain, à leur avenir. Pourtant, toutes et tous voient le diffuseur public comme le point de mire d’une carrière et comme le vaisseau amiral d’une société démocratique.

Les membres du Syndicat des communications de Radio-Canada sont cependant d’avis que la lente mise à mort du diffuseur public doit cesser. Et ils s’étonnent que de lourdes décisions soient prises sans qu’aucun débat public réel ne se fasse. C’est pourquoi, réunis en assemblée générale ce samedi, ils ont appuyé leur syndicat, et l’ont mandaté pour vous demander formellement et officiellement d’appuyer la demande du SCRC afin qu’un moratoire soit immédiatement décrété par le gouvernement sur toute compression budgétaire actuelle et à venir, et qu’une commission parlementaire publique soit instituée afin d’examiner l’avenir de
CBC/Radio-Canada, et notamment son financement public.

Espérant compter sur votre appui dans la défense réelle et objective du diffuseur public national.

Syndicalement vôtre,

Alex Levasseur, président
Syndicat des communications de Radio-Canada (fnc-csn)