Débat des chefs : tant pis pour les francophones hors-Québec

L'entreprise EntK produit des t-shirts et accessoires francos.

L’entreprise EntK produit des t-shirts et accessoires francos.

Le premier ministre Stephen Harper ne veut pas participer aux débats des chefs traditionnellement organisés par le consortium des médias (Radio-Canada/CBC, Global TV et CTV). Il a plutôt accepté les offres de TVA et du magazine Maclean’s et il réfléchit à d’autres propositions.

Pourtant, TVA n’a aucune station à l’extérieur du Québec. M. Harper croit peut-être que les francophones hors-Québec ne sont pas vraiment des électeurs. Ou alors il tient pour acquis qu’il n’a pas besoin de les convaincre.

De toute évidence, M. Harper n’aime pas Radio-Canada. Il affirme d’ailleurs que c’est réciproque. Après tout, il a dit sur les ondes d’une radio de Québec que beaucoup d’employés du producteur et diffuseur public n’aimaient pas les valeurs conservatrices. Le premier ministre discrédite ainsi une institution dont le mandat est d’informer tous les Canadiens sans partisanerie, et il fait fi de la conscience professionnelle de ceux qui y travaillent.

Chose certaine, cette décision ne tient pas compte des besoins de l’ensemble de la population canadienne. Lors de la dernière élection, les débats organisés par le consortium des médias ont été écoutés par 11 millions d’auditeurs en anglais et 4 millions en français.

Après les compressions, le démantèlement

radio-canada

On a beaucoup parlé de la fermeture du costumier de Radio-Canada, annoncée en octobre 2014. La dispersion des vêtements de personnages fétiches de notre imaginaire collectif a marqué les esprits. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. Radio-Canada, institution de culture, d’information et de création, vacille sur ses bases.

Les compressions budgétaire successives du fédéral y sont pour beaucoup. Les dernières en date se sont étalées entre 2012 et 2014 et ont totalisé 115 millions de dollars. Le résultat : plus de 1300 emplois supprimés partout au Canada.

C’est la plus récente étape d’un long déclin. En fait, les crédits parlementaires alloués à Radio-Canada/CBC aujourd’hui n’atteignent que 60 % de leur valeur de 1990, selon les données compilées par le groupe Amis de la radiodiffusion canadienne.

Mais au lieu de réclamer un financement adéquat, le conseil d’administration et la haute direction ont décidé de s’accommoder de la situation et de transformer irrémédiablement l’institution.

En juin 2014, ils ont accouché d’un plan, baptisé Un espace pour nous tous, qui prévoit des compressions supplémentaires de 100 millions et la suppression de 1500 emplois d’ici 2020. Ils veulent ainsi se créer un coussin financier pour effectuer un virage vers les médias numériques (téléphones mobiles, tablettes, etc.). Près de la moitié de ces 1500 emplois ont déjà été supprimés (392 en octobre 2014 et 318 en avril 2015).

Que nous réserve le plan de Radio-Canada ?

D’abord une baisse du soutien à la culture. Par exemple, les budgets alloués à l’enregistrement de concerts classiques, de spectacles ou de performances d’artistes ont été réduits à presque rien. Résultat : moins de revenus pour les artistes, moins de création.

Deuxième impact : moins d’information régionale accessible à tous. L’automne prochain, la plupart des bulletins de nouvelles télévisées régionaux passeront de 60 à 30 minutes; au réseau anglais, ils passeront de 90 à 30 minutes. On nous annonce un virage vers les plateformes numériques, mais personne ne sait comment il s’effectuera. Pourtant, une part importante de la population s’informe toujours à la télévision, et bon nombre de gens n’ont pas accès aux plateformes numériques, entre autres en raison des coûts (appareils et abonnement).

Troisièmement, la fin annoncée de la production interne d’émissions dramatiques et de variétés. Déjà, la majorité de ces émissions sont produites par le privé. Mais la Maison de Radio-Canada, à Montréal, recèle encore de vastes studios qui offrent des possibilités uniques au Québec. La direction de Radio-Canada souhaite vendre cet immeuble pour devenir locataire d’un autre immeuble où il n’y aurait plus qu’un seul studio (au lieu des 12 actuels). Deux des trois consortiums qui avaient été retenus pour ce projet immobilier se sont retirés et la proposition du troisième n’a pas été retenue. Malgré cela, Radio-Canada n’a pas renoncé à se départir de la production télévisuelle.

Enfin, de nombreux services en soutien à la production sont réduits ou supprimés : moins de documentalistes, fermeture des ateliers de décors et de costumes, moins de personnel pour l’archivage des émissions, moins d’accès aux services de la bibliothèque, moins de services techniques (prise de son, mixage sonore, montage…), etc.

Tout cela se produit pendant que le monde des médias est en plein bouleversement. Les modèles d’affaires sont à revoir, car tous les médias doivent s’adapter aux nouvelles façons dont le public les consulte. Dans ce contexte, nous avons besoin d’un producteur et diffuseur public solide, soutenu par l’ensemble de la société. Sans un financement adéquat, il est évident que Radio-Canada/CBC perdra sa pertinence. Cela doit être un enjeu de la prochaine campagne électorale fédérale.

Vente de la Maison de Radio-Canada – Radio-Canada doit attendre après les élections pour décider de l’avenir de la MRC

MONTRÉAL, le 7 mai 2015 /CNW Telbec/ – Le Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN) se réjouit de la décision de la haute direction de Radio-Canada/CBC de ne pas retenir la proposition déposée par le consortium Média Cité dans le processus de vente de la Maison de Radio-Canada (MRC) et de ses espaces de stationnement à Montréal. Média Cité demeurait le seul promoteur encore sur les rangs de ce projet qui aurait été réalisé en partenariat public-privé.

Le SCRC demande maintenant à la haute direction de Radio-Canada de surseoir à tout processus de vente ou de cession de la MRC d’ici les résultats de la prochaine élection.

« Il nous apparaissait de plus en plus évident que la vente de la MRC et le réaménagement subséquent des installations de Radio-Canada/CBC à Montréal aurait hypothéqué de manière irréversible la capacité de production et de diffusion publique », affirme la présidente du SCRC, Isabelle Montpetit.

Rappelons que selon la dernière version du projet, Radio-Canada n’aurait disposé que d’un seul et unique studio, alors que la MRC en compte actuellement douze.

Le syndicat était par ailleurs très inquiet de l’opacité du processus, qui ne permettait pas d’évaluer les gains et les coûts financiers de la transaction. Faute d’informations suffisantes, il demeurait très difficile de mesurer l’impact du projet sur les emplois, la production télévisuelle et la poursuite du mandat de Radio-Canada/CBC. Cette décision vient donc suspendre une démarche hautement questionnable.

Média Cité restait le seul soumissionnaire en lice après le retrait de SNC/Lavalin et des Partenaires du développement de la Maison. Son offre n’a pas été retenue par Radio-Canada en raison de non conformités importantes. Média Cité était piloté par la firme de gestion immobilière Busac associée, entre autres, à l’échec immobilier majeur de l’Îlot Voyageur.

À quelques mois d’une élection, cet arrêt nous semble donc propice à une nouvelle discussion sur la vocation et la restauration de la tour de Radio-Canada, un symbole culturel fort dans le paysage montréalais. Il est clair que le processus de cession de l’immeuble, construit il y a seulement 42 ans, a été engagé à cause des moyens financiers étriqués de la Société.

La conjoncture médiatique difficile ne justifie pas la baisse constante du financement et les compressions budgétaires qui minent la production télévisuelle et radiophonique et qui entraînent la fermeture du costumier, celle des ateliers de décors et de la bibliothèque.

Le SCRC croit que les Canadiennes et les Canadiens, véritables propriétaires de la Société, n’appuient pas ces orientations. D’ailleurs, hormis les conservateurs, la plupart des partis politiques fédéraux ont pris des engagements clairs envers un meilleur appui au producteur et au diffuseur public. « Il faudrait donc que les membres du conseil d’administration de Radio-Canada, mandataires de la société publique, agissent de manière responsable et évitent de prendre des décisions précipitées d’ici l’échéance électorale du 19 octobre », conclut Isabelle Montpetit.

Le Syndicat des communications de Radio-Canada, affilié à la Fédération nationale des communications et à la Confédération des syndicats nationaux (SCRC-FNC-CSN), représente 1500 membres au Québec et à Moncton.

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s’engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 325 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.

SOURCE Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN)

Renseignements : Martin Petit, Service des communications de la CSN, Téléphone : 514 894-1326, martin.petit@csn.qc.ca; Source : SCRC et CSN

L’avenir de Radio-Canada/CBC, un enjeu électoral

En principe, les élections fédérales auront lieu le 19 octobre prochain. Radio-Canada/CBC, son financement et sa gouvernance seront des enjeux majeurs de cette élection. Déjà, plusieurs partis présents à la Chambre des communes font des promesses en ce sens.

Nouveau Parti démocratique (NPD)

PetitionNPD

Si le NPD est élu, il annulera les compressions de 115 $ millions imposées en 2012 à Radio-Canada/CBC. Ces compressions avaient entraîné la mise à pied de 650 employés à temps plein. Il établira également un processus de nomination indépendant pour les membres du conseil d’administration.

Le NPD fait circuler une pétition en appui à Radio-Canada/CBC.

Parti libéral du Canada (PLC)

Sur son site, le PLC promet de redonner à Radio-Canada les moyens d’assumer sa mission d’informer et d’être le reflet de la diversité canadienne. Il fait également circuler une pétition en appui à Radio-Canada/CBC.

CBCFR500

Au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), en novembre 2014, le porte-parole libéral du Patrimoine, Stéphane Dion, a exposé en sept points la vision du PLC face à Radio-Canada/CBC.

1. Garantir l’indépendance du diffuseur public
2. Revoir son mandat, en maintenant entre autres une cloison étanche entre la détermination des objectifs et leur réalisation
3. Octroyer un financement pluriannuel, stable et augmenté
4. Réinvestir (il n’a pas spécifié de montant), afin que la dépendance aux revenus publicitaires soit moins grande
5. S’assurer que le contenu canadien soit prépondérant et varié
6. Mettre à contribution le CRTC et le vérificateur général pour améliorer la reddition de comptes
7. Revoir la loi sur la radiodiffusion pour tenir compte notamment des plateformes numérique

Parti vert du Canada

Dans sa plateforme électorale, le Parti vert affirme que ses députés :

– Assureront un financement stable à Radio-Canada/CBC pour lui permettre de continuer à offrir à toutes les Canadiennes et à tous les Canadiens du contenu canadien de qualité à la radio et à la télévision, et ce, dans les deux langues officielles;
– Rétabliront le service international sur ondes courtes de Radio-Canada;
– Annuleront la demande de CBC et l’autorisation du CRTC de présenter du contenu publicitaire à CBC Radio 2.
– Annuleront les compressions des bulletins de nouvelles de fin d’après-midi et de la programmation locale à CBC et à Radio-Canada.

Le Parti vert a lui aussi une pétition en ligne pour Radio-Canada/CBC:

Bloc québécois et Force et démocratie

Les deux partis n’ont pas encore publié d’engagements concrets par rapport à Radio-Canada. En décembre 2014, le Bloc avait déposé un projet de loi pour garantir l’indépendance de Radio-Canada/CBC.

Quant au chef de Forces et démocratie, Jean-François Fortin, il a souvent pris la parole publiquement pour dénoncer le démantèlement du producteur et radiodiffuseur public.

Parti conservateur du Canada (PCC)

Du côté du PCC, rien n’indique qu’il s’engagera à rétablir le financement de Radio-Canada/CBC. Lors de la présentation par Hubert T. Lacroix de son plan pour 2020, la ministre du Patrimoine, Shelly Glover, avait fait la déclaration ci-dessous :

« CBC/Radio-Canada reçoit des contribuables des fonds importants, soit plus d’un milliard de dollars par an, pour être en mesure d’exécuter le mandat que lui assigne la Loi sur la radiodiffusion. La Société doit certes s’adapter à l’évolution de la technologie, de la démographie, des préférences de la clientèle et de la concurrence pour l’obtention de fonds publicitaires, mais notre gouvernement juge qu’elle peut et doit le faire dans les limites existantes de son budget. »

Plus de 125 artistes chantent en même temps pour sauver Radio-Canada

La Maison de Radio-Canada à Montréal

La Maison de Radio-Canada à Montréal

À l’initiative d’employés de Radio-Canada, 125 artistes ont uni leurs voix pour la défense de Radio-Canada. Dans ce vidéo, ils chantent en choeur la chanson Tout l’monde en même temps de Louis-Jean Cormier.

Des dizaines d’artistes sur scène pour défendre Radio-Canada

Louis-Jean Cormier et les artistes du spectacle Tous en « coeur » pour Radio-Canada

Louis-Jean Cormier et les artistes du spectacle Tous en « coeur » pour Radio-Canada

Le public montréalais était au rendez-vous au Métropolis ce dimanche 15 février pour assister au spectacle pour la défense de Radio-Canada. Pénélope McQuade et Philippe Fehmiu ont accueilli des dizaines d’artistes qui ont à coeur leur producteur et radiodiffuseur public. La finale du spectacle, avec Louis-Jean Cormier, a été mémorable.

 

Le talent était au rendez-vous le numéro d’ouverture, avec Jim Corcoran et Yann Perreau, suivi de la chanson Plein d’amour, interprétée par Damien Robitaille, et d’une scène d’humour avec les deux pêcheurs de Samedi de rire.

L’importance de Radio-Canada et de ses émissions cultes pour la société québécoise a été soulignée tout au long de la soirée.

Vous pouvez visionner tous les extraits du spectacle sur la chaîne YouTube Amis de Radio-Canada.

 

 

 

 

 

 

Tous en « coeur » pour Radio-Canada !

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Pénélope McQuade, Philippe Fehmiu, Sylvie Rémillard et Pierre Maisonneuve invitent la population à manifester son appui à Radio-Canada/CBC en participant au spectacle Tous en « cœur » pour Radio-Canada, qui aura lieu au Métropolis le dimanche 15 février, à 14 h. Le spectacle est une initiative de la campagne Tous amis de Radio-Canada. Il est organisé par des employé-es et des amis de Radio-Canada.

Seront aussi sur scène: Ariane Moffat, Louis-Jean Cormier, Paul Piché, Yann Perreau, Damien Robitaille, Klô Pelgag, Normand Brathwaite, Normand Chouinard, Alex Nevsky, Johanne Blouin, Michel Rivard, Richard Séguin, Daniel Lavoie, Jim Corcoran, Yves Lambert, David Giguère, Marco Calliari, David Goudreault, Debbie Lynch-White, Maxime Le Flaguais, Renaud Paradis, Simon Kearney, Antoine Gratton, Carlos Placeres, Jean Maheux, Claude Prégent, Radio Radio, Dumas, Michel Faubert, Gilles Bélanger, Elisapie Isaac, David Marin et Pierre Flynn.

Billets en vente dès maintenant à 15 $ + taxes et frais de service : http://www.metropolismontreal.ca/fr/Accueil/Spectacle/79 ou directement au Métropolis : 59, rue Ste-Catherine Est, Montréal.

Les artistes se produisent gratuitement, les organisateurs sont bénévoles, mais il reste néanmoins des frais à assumer pour l’organisation du spectacle. Le coût des billets servira à payer ces factures.