Amis de Radio-Canada, signez la pétition !

Pour un moratoire sur les compressions et une commission parlementaire sur l’avenir du diffuseur public !

SIGNEZ LA PÉTITION DÈS MAINTENANT !

Depuis cinq ans, 2000 postes ont été abolis à CBC/Radio-Canada. Sans aucun mandat et sans consultation publique, le gouvernement de Stephen Harper démantèle et met lentement à mort notre seul diffuseur public au pays. Pour sa part, la direction de CBC/Radio-Canada impose des règles de gestion et des orientations propres aux médias du secteur privé qui sont incompatibles avec les mandats confiés à la Société et qui nous mènent tout droit vers la faillite.

Nous, soussignés, invitons donc la population, les experts, la communauté médiatique ainsi que tous les partis politiques fédéraux et provinciaux à soutenir notre demande à la Chambre des communes de moratoire sur les récentes compressions imposées à CBC/Radio-Canada et la tenue, dans les plus brefs délais, d’une commission parlementaire publique sur l’avenir de notre radiodiffuseur public. Celle-ci se penchera, notamment, sur son financement, sur sa gouvernance, sur sa mission et sur sa programmation. Nous vous invitons à prendre part à ce large débat. Radio-Canada nous appartient collectivement et il est temps que nous nous exprimions sur son avenir.

Enfin disponible! Le Livre blanc sur l’avenir de CBC/Radio-Canada

Le Livre blanc sur l’avenir de CBC/Radio-Canada est disponible maintenant!
Téléchargez-le ici même en format PDF.

Livre Blanc – Version complète (Français)
Livre Blanc – Version complète (Anglais)
Livre Blanc –  Version abrégée (Français)
Livre Blanc – Version abrégée (Anglais)

Nous croyons qu’il est temps d’entreprendre collectivement une réflexion sur l’avenir de notre diffuseur public. Nous proposons qu’elle s’articule autour des quatre grands thèmes suivants:

  • Avons-nous besoin d’un diffuseur public national ?
  • Quel genre de programmation devrait diffuser Radio-Canada/CBC sur ses plateformes ?
  • Comment le diffuseur public devrait-il être financé ?
  • Comment le diffuseur public devrait-il être dirigé ?

Vous pouvez participer en ligne à la consultation sur l’avenir de Radio-Canada en cliquant ici.

Pour participer à la consultation en anglais, c’est ici.

Des artistes sont inquiets

Le collectif Je suis Radio-Canada (facebook.com/jesuisradiocanada|) a produit une série de vidéos où des artistes s’expriment sur le lien qui les unit à Radio-Canada. Leurs témoignages mettent en relief le rôle que joue le diffuseur public dans la société par sa programmation unique. Les voici : 

 

Catherine Durand, auteure-compositeure-interprète : "Radio-Canada, c’est probablement la plus belle fenêtre et la plus belle porte d’entrée pour la culture francophone".

 

David Giguère, comédien et musicien : "On a besoin de moyens pour que cette télé évolue et continue de nous ressembler".

 

Angèle Dubeau, violoniste : "Je viens partager mon inquiétude grandissante quant à l’avenir de notre service public".

 

Catherine Major, auteure-compositeure-interprète et musicienne : "Pour moi, Radio-Canada, c’est la survie des artistes".

 

Stéphane Archambault, du groupe Mes Aïeux : "C’est la première place qui a diffusé un paquet d’artistes qu’on entend aujourd’hui".

 

Alex Nevsky, auteur-compositeur-interprète : Radio-Canada, c’est une bonne partie de mon éducation et une énorme fenêtre sur le monde.

 

Louise Forestier, auteure-compositeure-interprète : "Ce qui se passe est en train de me rendre complètement folle".

 

Vincent Vallières, auteur-compositeur-interprète : "Radio-Canada est un lieu de diffusion d’exception, parce que ça permet la diversité des genres, la diversité des musiques, la diversité télévisuelle".

 

Michel Rivard, auteur-compositeur-interprète : "Il faut que Radio-Canada survive et continue sa mission au 21e siècle".

 

Louis-Jean Cormier, artiste de la chanson : "Radio-Canada représente pour moi un oeil sur le monde, un tympan sur la réalité musicale du Québec, une source inépuisable de culture générale".

 

Ariane Moffat, auteure-compositeure-interprète : "C’est fondamental qu’on ait la voix de Radio-Canada pour continuer à être juste un peu hors des sentiers battus".

 

Pierre Lapointe, auteur-compositeur-interprète : "La culture, l’information, la curiosité, ça rapporte pas rapidement, ça rapporte à long terme dans une société". 

La lente destruction d’un service public

Depuis 2009, Radio-Canada n’a connu que des compressions. La série a culminé le 26 juin dernier, avec l’annonce de la stratégie 2015-2020. Ce déclin s’est fait progressivement, sans que les conséquences ne sautent aux yeux. Mais lorsque l’on examine le détail des impacts de ces compressions, il est évident que le réseau français n’est déjà plus que l’ombre de ce qu’il a déjà été.

Juin 2014

espacepourtous

Dans la stratégie 2015-2020, intitulée Un espace pour nous tous, Radio-Canada parle de compressions de 100 millions de dollars sur cinq ans et de la disparition de 1000 à 1500 postes.

L’élément-clé de cette stratégie est un virage vers la mobilité (téléphones intelligents, tablettes, etc.). Et la quête de revenus publicitaires est au cœur des changements annoncés.

« Le radiodiffuseur public doit demeurer ancré dans le présent pour soutenir les services traditionnels, de même que les auditoires et les revenus que ceux-ci attirent, tout en ayant un pied dans l’avenir pour suivre la migration des auditoires et des revenus. Il devra faire des choix pour déterminer où, comment et quand il investit, et faire preuve d’audace pour reconnaître, ou même influencer les changements de comportement des auditoires. Les services traditionnels devraient demeurer une source importante d’auditoires et de revenus en 2020, mais il y aura un virage important vers les plateformes mobiles et numériques pour ce qui est des ressources, des auditoires et des revenus », lit-on dans le plan stratégique.

En clair, le citoyen devient un consommateur générateur de revenus, dont il faut suivre et même influencer les comportements. Le service public devient un fournisseur de contenus qui doivent avant tout être populaires.

Derrière la langue de bois de la direction de Radio-Canada, il est difficile de décoder précisément ce qui s’en vient. Le tableau ci-dessous, tiré du document Un espace pour nous tous, permet toutefois de voir quelles sont les intentions de la direction (cliquer sur le tableau pour l’agrandir).

tableau2015-2020

- La musique et les sports perdront sur toute la ligne, avec une réduction des investissements sur toutes les plateformes.

- Dans tous les autres secteurs, il y aura une augmentation des investissements sur les plateformes mobiles.

- Pas de changements à la radio, sauf pour la radio parlée régionale à CBC, dont les ressources augmenteront.

- Il y aura moins d’information (nouvelles, affaires publiques ou documentaires) offerte en vidéo sur demande ou au moyen de la télévision par contournement (en anglais : over the top ou OTT, c’est-à-dire des sites comme YouTube, plateforme sur laquelle Radio-Canada offre des émissions et des reportages).

- L’information régionale diminuera à la télé. Dans les faits, la majorité des bulletins de nouvelles régionaux passeront de 60 à 30 minutes.

- À la télé, sur les plateformes mobiles et sur Tou.tv, les arts et divertissements connaîtront un boum des investissements. Pas surprenant, puisque ce sont les types de contenus les plus susceptibles de faire vendre de la publicité.

Avril 2014

Deux mois avant l’annonce du plan stratégique 2015-2020, Radio-Canada annonce des compressions de 130 millions et la suppression de 657 emplois sur deux ans, dont 312 au réseau français. Le tout en raison de revenus publicitaires inférieurs aux prévisions. Voici quelques exemples des impacts de ces compressions.

- Le service des sports est ravagé : 55 emplois sur 75 sont supprimés. Radio-Canada se distinguait par sa couverture du sport amateur, négligé par les réseaux privés. Désormais, les événements amateurs seront couverts, mais seulement s’ils s’autofinancent. Le bulletin de sports au Téléjournal est aboli.
- Fin de la programmation régionale d’Espace musique.
- Des émissions de radio régionales du samedi de la Première chaîne sont abolies.
- Le service des relations avec l’auditoire est aboli au réseau français, mais pas au réseau anglais. Chaque année, il recevait environ 140 000 communications (plaintes, remarques ou questions) en provenance des auditeurs, téléspectateurs et internautes francophones. De ce nombre, environ 40 000 recevaient un traitement un peu plus élaboré.
- Trois postes de journaliste et un de réalisateur sont supprimés à l’émission Enquête; un poste de journaliste à La semaine verte.
- Suppression de 35 postes cette année et 12 l’année prochaine à l’information
- Il y aura davantage de rediffusions à la radio et à la télé.
- La durée du Téléjournal midi passe de 1 heure à 30 minutes.
- Fermeture du centre d’écoute, qui surveillait entre autres les communications de la police et des services d’urgence à l’affût des événements qui pouvaient être traités en nouvelles

Octobre 2012

Compressions de 28,4 millions en raison de l’élimination par le CRTC du Fonds d’aide à la programmation locale. Radio-Canada décide toutefois de maintenir une production en région et de répartir l’impact sur tout le réseau

Depuis mars 2012

Compressions du financement fédéral de 115 millions sur trois ans; suppression de 650 postes partout au Canada. Voici quelques-uns des impacts de ces compressions.

- La durée des bulletins de nouvelles radio de l’heure passe de 8 minutes à 6 minutes.
- Les radiojournaux de 6h30, 7h30 et 16h30 sont supprimés.
- Le radiojournal de 17h est amputé de 5 minutes, celui de 18h est supprimé.
- Fin du téléjournal de 21h au RDI.
- Les journalistes de la station de Sherbrooke reçoivent la directive de ne plus faire de reportages pour la radio.
- Fin des bulletins de nouvelles télévisés du midi en région.
- Fin des émissions de nuit à Espace musique.
- Réduction de moitié des créneaux de diffusion régionale sur Espace musique.
- Apparition de la publicité sur Espace musique.
- Réduction du nombre d’épisodes de certaines émissions.
- Fin de l’émission Une heure sur Terre, animée par Jean-François Lépine et axée sur les enjeux internationaux.
- Fermeture des bureaux de Radio-Canada en Afrique (Sénégal) et en Amérique du Sud (Brésil). La journaliste Sophie Langlois couvre désormais l’Afrique à partir de Montréal.
- Fermeture du site internet et de l’émission Bande à part, qui faisait découvrir la musique émergente.
- Production des bulletins de nouvelles au moyen de régies automatisées, ce qui réduit beaucoup la flexibilité d’une diffusion en direct.
- Fin de la transmission sur ondes courtes de Radio Canada International (RCI). RCI était un peu l’équivalent canadien de Radio France International: un service qui diffusait de l’information non censurée en mandarin, russe, espagnol, portugais, arabe, français et anglais partout dans le monde. Les sections brésilienne et russe sont fermées. Maintenant toute la production de RCI n’est diffusée que sur internet. Or, en Chine, le site de RCI est censuré…
- Fin de la transmission sur ondes courtes dans le Grand Nord canadien.
- Mise hors service de 607 émetteurs analogiques, qui permettaient toujours à des milliers de Canadiens de capter le signal télé par antenne.
- Suppression des postes de réceptionnistes dans les stations régionales. Ce sont les employés de production qui doivent maintenant répondre à la porte ou au téléphone.
- Suppression de 8 postes de sténotypistes et restructuration du service du sous-titrage codé pour les malentendants.

Mars 2009

Annonce de la suppression de 805 postes partout au Canada, dont 335 au réseau français, en raison d’un manque à gagner de 171 millions de dollars.

- Disparition du Radiojournal de 18h et réduction de 5 minutes de celui de 8h
- Réduction des équipes de Une heure sur terre, Découverte, La facture, Enquête et L’épicerie
- Un des deux correspondants à Paris est rapatrié
- Fin de RDI Junior
- Réduction de moitié des créneaux horaires des émissions jeunesse
- Fin des émissions midi produites en région à la radio. La tribune de Pierre Maisonneuve devient nationale.
- Intégration radio-télé-web à l’information. Les équipes doivent de plus en plus souvent alimenter plusieurs plateformes, ce qui signifie moins de temps à consacrer à la recherche pour les reportages. Des postes de journalistes à la recherche sont supprimés.

Lettre au président du conseil d’administration de Radio-Canada

Lettre d’Alex Levasseur, président du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC-CSN) au président du conseil d’administration de Radio-Canada:

Montréal, le lundi 28 avril 2014

M. Rémi Racine,
Président du conseil d’administration,
Société Radio-Canada,
1400 boul. René-Lévesque est
Montréal, Qc

Objet : Compressions budgétaires et avenir du diffuseur public.

Monsieur le Président,

Les employés de CBC/Radio-Canada vivent depuis des années des compressions et des coupes dans les budgets du diffuseur public. Ils voient leur milieu de travail et le diffuseur public rétrécir davantage chaque année. Et plusieurs d’entre eux doivent par conséquent dire adieu à leur gagne-pain, à leur avenir. Pourtant, toutes et tous voient le diffuseur public comme le point de mire d’une carrière et comme le vaisseau amiral d’une société démocratique.

Les membres du Syndicat des communications de Radio-Canada sont cependant d’avis que la lente mise à mort du diffuseur public doit cesser. Et ils s’étonnent que de lourdes décisions soient prises sans qu’aucun débat public réel ne se fasse. C’est pourquoi, réunis en assemblée générale ce samedi, ils ont appuyé leur syndicat, et l’ont mandaté pour vous demander formellement et officiellement d’appuyer la demande du SCRC afin qu’un moratoire soit immédiatement décrété par le gouvernement sur toute compression budgétaire actuelle et à venir, et qu’une commission parlementaire publique soit instituée afin d’examiner l’avenir de
CBC/Radio-Canada, et notamment son financement public.

Espérant compter sur votre appui dans la défense réelle et objective du diffuseur public national.

Syndicalement vôtre,

Alex Levasseur, président
Syndicat des communications de Radio-Canada (fnc-csn)

Tous amis de Radio-Canada – Épisode 3

Les Amis de Radio-Canada lancent la dernière d’une série de trois capsules vidéo sur le thème du financement accordé au seul diffuseur public canadien, la Société Radio-Canada. La revendication centrale de la campagne vise le retour à un financement annuel totalisant 40 $ par habitant.

« CBC/Radio-Canada est un diffuseur public qui ancre l’identité culturelle canadienne et assure une information de qualité. Nous devons le soutenir. Accorder au diffuseur public le financement supplémentaire dont il a besoin, c’est reconnaître son rôle essentiel d’un océan à l’autre. Les multiples compressions imposées depuis plusieurs années compromettent sa mission, alors que le Canada dispose des moyens pour financer adéquatement un diffuseur public de qualité. Voilà pourquoi les Amis de Radio-Canada revendiquent de porter progressivement la contribution publique à CBC/Radio-Canada à 40 $ par personne annuellement et de l’inscrire dans un budget pluriannuel, stable et indexé », de préciser Jacques Létourneau, président de la CSN.