Plus de 125 artistes chantent en même temps pour sauver Radio-Canada

La Maison de Radio-Canada à Montréal

La Maison de Radio-Canada à Montréal

À l’initiative d’employés de Radio-Canada, 125 artistes ont uni leurs voix pour la défense de Radio-Canada. Dans ce vidéo, ils chantent en choeur la chanson Tout l’monde en même temps de Louis-Jean Cormier.

Des dizaines d’artistes sur scène pour défendre Radio-Canada

Louis-Jean Cormier et les artistes du spectacle Tous en « coeur » pour Radio-Canada

Louis-Jean Cormier et les artistes du spectacle Tous en « coeur » pour Radio-Canada

Le public montréalais était au rendez-vous au Métropolis ce dimanche 15 février pour assister au spectacle pour la défense de Radio-Canada. Pénélope McQuade et Philippe Fehmiu ont accueilli des dizaines d’artistes qui ont à coeur leur producteur et radiodiffuseur public. La finale du spectacle, avec Louis-Jean Cormier, a été mémorable.

 

Le talent était au rendez-vous le numéro d’ouverture, avec Jim Corcoran et Yann Perreau, suivi de la chanson Plein d’amour, interprétée par Damien Robitaille, et d’une scène d’humour avec les deux pêcheurs de Samedi de rire.

L’importance de Radio-Canada et de ses émissions cultes pour la société québécoise a été soulignée tout au long de la soirée.

Vous pouvez visionner tous les extraits du spectacle sur la chaîne YouTube Amis de Radio-Canada.

 

 

 

 

 

 

Tous en « coeur » pour Radio-Canada !

TOUS_EN_COEUR_HORIZ (3)

Pénélope McQuade, Philippe Fehmiu, Sylvie Rémillard et Pierre Maisonneuve invitent la population à manifester son appui à Radio-Canada/CBC en participant au spectacle Tous en « cœur » pour Radio-Canada, qui aura lieu au Métropolis le dimanche 15 février, à 14 h. Le spectacle est une initiative de la campagne Tous amis de Radio-Canada. Il est organisé par des employé-es et des amis de Radio-Canada.

Seront aussi sur scène: Ariane Moffat, Louis-Jean Cormier, Paul Piché, Yann Perreau, Damien Robitaille, Klô Pelgag, Normand Brathwaite, Normand Chouinard, Alex Nevsky, Johanne Blouin, Michel Rivard, Richard Séguin, Daniel Lavoie, Jim Corcoran, Yves Lambert, David Giguère, Marco Calliari, David Goudreault, Debbie Lynch-White, Maxime Le Flaguais, Renaud Paradis, Simon Kearney, Antoine Gratton, Carlos Placeres, Jean Maheux, Claude Prégent, Radio Radio, Dumas, Michel Faubert, Gilles Bélanger, Elisapie Isaac, David Marin et Pierre Flynn.

Billets en vente dès maintenant à 15 $ + taxes et frais de service : http://www.metropolismontreal.ca/fr/Accueil/Spectacle/79 ou directement au Métropolis : 59, rue Ste-Catherine Est, Montréal.

Les artistes se produisent gratuitement, les organisateurs sont bénévoles, mais il reste néanmoins des frais à assumer pour l’organisation du spectacle. Le coût des billets servira à payer ces factures.

Les députés adoptent une motion à la défense de Radio-Canada

Le 26 novembre dernier, les députés siégeant à l’Assemblée nationale du Québec ont adopté à l’unanimité une importante motion qui se porte à la défense de la Société Radio-Canadaé

Le libellé de cette motion se lit comme suit :

« Que l’Assemblée nationale reconnaisse le rôle essentiel de la Société Radio-Canada en matière d’information, de contenu culturel et de divertissement destinés aux francophones du Québec et aux 2,6 millions de francophones et francophiles hors Québec ; Que l’Assemblée nationale affirme que les compressions effectuées dans les services en français de la Société Radio-Canada suscitent une grande inquiétude au Québec et à travers le Canada ; Que l’Assemblée nationale réitère la pertinence d’un diffuseur public francophone fort et l’importance de l’information régionale ; Que l’Assemblée nationale presse le gouvernement fédéral d’appuyer la Société Radio-Canada dans la réalisation de  son mandat et de lui fournir les moyens nécessaires afin qu’elle puisse respecter ses obligations en vertu des lois fédérales ».

 « Ce nouvel appui à Radio-Canada/CBC nous arrive à un moment crucial où la population canadienne se mobilise de plus en plus pour défendre notre production et notre diffusion publique. Nous sommes heureux de l’adoption de cette motion qui réitère l’importance de cette institution primordiale pour la francophonie canadienne. À cet égard, depuis le 16 avril dernier, Tous amis de Radio-Canada revendique un moratoire sur les compressions imposées à la SRC/CBC et la création rapide d’une commission parlementaire publique sur son avenir », de souligner Jacques Létourneau, responsable politique de la campagne Tous amis de Radio-Canada.

 « Le 16 novembre dernier, à la suite d’un appel lancé par Nicolas Bédard, un citoyen montréalais, nous avons participé à une manifestation qui a rassemblé 25 000 personnes inquiètes de l’avenir de notre service public. Que ce soit à l’égard de la francophonie, de la culture de toutes les communautés canadiennes, de l’accès à une information de qualité, indépendante du pouvoir politique et financier, les inquiétudes sont diverses et nous touchent toutes et tous », de déclarer Pierre Maisonneuve, porte-parole de Tous amis de Radio-Canada.

26nov14_CA-0335

26nov14_CA-032726nov14_CA-0344

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Démantèlement en cours

« Dans le cadre de la campagne Tous amis de Radio-Canada, nous avons également lancé un Livre blanc sur l’avenir de Radio-Canada/CBC. La population doit impérativement se prononcer sur un service qui lui appartient à un moment où celui-ci se fait littéralement démanteler sans son accord par une direction qui a perdu toute légitimité », de préciser Pascale St-Onge, secrétaire générale de la Fédération nationale des communications–CSN.

 « La récente mise à mort du costumier, qui constitue un fort symbole de mémoire, a secoué bien des gens, et ce, partout au Canada. Les suppressions de postes de nos collègues devraient attirer autant l’attention que le démantèlement des services de la Société puisqu’au final, ce sont les travailleuses et les travailleurs qui, tous les jours, contribuent à la qualité de tout ce qui est produit et diffusé en ondes », de conclure Isabelle Montpetit, présidente du Syndicat des communications de Radio-Canada (FNC–CSN).

IMG_2363 (1)

L’avenir de Radio-Canada une question qui nous concerne tous

Entrevue avec Alain Saulnier

Ancien directeur de l’information à Radio-Canada, Alain Saulnier publiait au début du mois le livre Ici était Radio-Canada (éditions Boréal).  Il a bien voulu répondre à nos questions sur l’avenir du diffuseur public.

Vous avez énormément critiqué le plan stratégique d’Hubert Lacroix. Où pensez-vous du plan de la direction de Radio-Canada, en route vers 2020?

À mon point de vue, ce n’est pas un véritable plan stratégique. C’est un plan de démantèlement de l’entreprise.  Il y a beaucoup d’improvisation dans tout ça. On a l’impression que les choses ne sont pas véritablement précisées.  Quel est le rôle de chacun des secteurs? De quelle façon les choses doivent aller? Le rôle de Radio-Canada par rapport à l’ensemble de l’entreprise Radio-Canada/CBC.  On semble même vouloir fusionner Radio-Canada et CBC.  Il y a beaucoup, beaucoup de choses et des choses qui sont inquiétantes.

Par ailleurs, ce qui me préoccupe plus que tout, c’est que nous avons affaire à l’heure actuelle à une direction de Radio-Canada, dont 10 des 12  membres du conseil d’administration ont été, y compris Hubert  T. Lacroix, des contributeurs au Parti conservateur. Je trouve que ça commence de plus ou plus à les disqualifier sur l’avenir de Radio-Canada parce qu’on n’est pas certain qu’il s’agit d’une véritable vision  stratégique indépendante et libre ou s’il ne s’agit pas d’une vision stratégique imposée par la mouvance conservatrice. Ça, c’est pour moi, le plus préoccupant au moment où on se parle.

Devrait-on envisager un nouveau modèle pour Radio-Canada?

Dans mon essai, je reprends certaines des recommandations de la Commission Kaplan-Sauvageau. Dans cette commission, on avait indiqué justement qu’il fallait revoir le mode de nomination des membres du conseil d’administration de Radio-Canada de même que la nomination du président-directeur général.  On a l’impression qu’il y a une nébuleuse totale de ce point de vue et ça fait en sorte que les gens qui sont nommés le sont toujours sur des bases partisanes.

J’ai rarement vu un conseil d’administration composé de gens qui sont autant éloignés de la connaissance des médias. À certains égards, il y a un danger d’avoir ce type de composition.  C’est pour ça que j’en appelle aux parlementaires pour qu’ils puissent s’asseoir et commencer à explorer ce que pourrait être une nouvelle loi de Radio-Canada à l’ère numérique.  Cette nouvelle loi intégrerait un certain nombre de considérations pour ce qui est du mode de nomination des membres du conseil d’administration, du PDG et aussi qu’on affirme clairement que Radio-Canada est une société indépendante du pouvoir politique.

Dans un contexte où les revenus publicitaires sont en baisse, où le gouvernement affame Radio-Canada, n’y aurait-il pas lieu aussi de revoir son modèle de financement?

Oui, on ne peut pas avoir cette dépendance où chaque année on est obligé de quémander un financement qui est toujours remis en question par le parti politique. C’est un peu comme quêter, faire la manche. On ne peut pas avoir ça. C’est la raison pour laquelle je commence à explorer, et il faut qu’on le fasse, d’autres modes de financement.  Par exemple en Europe, le modèle de la BBC, des redevances. Mais même ça, ça n’est pas suffisant parce que le modèle des redevances ne s’applique qu’aux appareils de radio et de télévision.  Or, il y a de plus en plus d’appareils de mobilité qui occupent l’espace. J’ai des étudiants en journalisme qui n’ont même plus d’appareil de télévision, mais ils écoutent quand même la télévision sur Internet sur leur ordinateur. Il faut qu’on aille chercher aussi la contribution de tous ces modes d’écoute et de consultation de la production de contenu de Radio-Canada.

Par ailleurs, j’ajoute également qu’il va falloir aussi, avec tous les pays occidentaux où ce mode existe, qu’on soit capable de revoir la relation avec les sites agrégateurs, avec les Android, avec les Google, avec Microsoft.  On doit exiger qu’ils soient de bons citoyens corporatifs afin de mettre de l’argent de côté pour les diffuseurs publics qui sont essentiels aussi bien à l’ère numérique qu’avant.   Je dirais même davantage à l’ère numérique parce qu’on a besoin de repères plus solides.

Justement, Hubert T. Lacroix soutient qu’il doit effectuer des compressions pour que Radio-Canada passe à l’ère numérique. Comment Radio-Canada peut entreprendre le virage numérique actuellement et quelles pourraient être ses grandes forces?

Tout ce qui s’appelle mode de production est en train de changer. Les outils de productions sont en train de changer, les formats sont en train de changer.  Il est de plus en plus rare que les moins de 35 ans écoutent sur une base régulière, de façon constante des segments d’émission, même sur Internet en reprise ou enregistré.  De plus en plus, il va falloir revoir comment on peut offrir des contenus du diffuseur public sur toutes les plateformes voulues.

Ça veut aussi dire que dans le domaine journalistique, il va falloir voir comment on peut utiliser les réseaux sociaux pour aller chercher cette génération des moins de 35 ans. Comment peut-on être aussi en mesure d’offrir des sites où on peut faire des reportages longs pour être capables de mettre en perspective des choses.

Mais dans tout ce débat,  il faut avoir la masse critique de gens qui a été formée à l’école du diffuseur public. Ça prend donc des gens passionnés qui veulent faire un travail libre indépendant aussi bien en information que dans le domaine culturel, dans le domaine dramatique, ou même dans le domaine de l’humour, des sports.  On doit avoir la liberté de traiter de toutes les questions lorsqu’on fait une émission humoristique comme le Bye-Bye, par exemple.  On doit avoir la liberté de vérifier les concessions sportives comme celle des Canadiens de Montréal même si des fois on a des ententes avec Rogers ou avec Bell.  C’est ça aussi la force de Radio-Canada.

Misons oui sur les tuyaux, sur les appareils, sur les formats, mais misons aussi pour essayer de bénéficier au maximum  de tout ce qui s’appelle le patrimoine existant et transmettons ce patrimoine pour que les plus jeunes puissent s’en emparer.  Sauf que le drame à l’heure actuelle, c’est que les plus jeunes sont en train d’être écartés complètement parce qu’on fait des coupures et des compressions sans réfléchir.

Est-ce que vous avez l’impression que les Québécois,  les Canadiens sont assez attachés à Radio-Canada pour le défendre?  On a l’impression que le discours de sauvegarde de Radio-Canada repose sur les employés ou les ex-radio-canadiens comme vous.

La tragédie, elle est là.  Il y a beaucoup de gens  qui aujourd’hui naviguent dans cet univers numérique où il y a une surabondance de sources d’information ou il y a une surabondance d’endroits et de contenus.  Il suffit d’aller voir les best off du jour sur Youtube pour explorer une multitude de cultures, de formes et de nouvelles de toutes sortes.  Il y a quelque part quelque chose de dangereux dans cette surabondance. C’est comme un leurre.  Les gens ne voient pas à quel point on n’a plus de repères solides.

Peut-être que c’est là où nous avons été fautifs de ne pas suffisamment faire l’exercice pédagogique auprès des plus jeunes.   Lorsqu’on a créé la radio, en 1936 ou la télévision en 1952, on savait que c’était pour se prémunir de l’invasion américaine.  On savait qu’on voulait avoir notre propre culture, nous les francophones, à travers un médium, en premier lieu radio et ensuite télé parce qu’on voulait déployer et faire rayonner les contenus culturels, les productions culturelles.  Même chose en matière d’information, on voulait aussi se distinguer parce que nous étions des francophones en Amérique et au Québec. Aujourd’hui, c’est tout aussi important d’avoir ce débat.  Pourquoi a-t-on a besoin d’un diffuseur public malgré la surabondance?

C’est fondamental comme question et comme exercice pédagogique. On a besoin de gens qui l’expriment à nouveau et qui soient des relayeurs de vision pour que les plus jeunes, les moins de 35 ans, comprennent que oui, on est en train de passer à un paquet de nouveaux formats, mais suivez-nous sur ces nouveaux formats parce que ça en vaut la peine, parce que notre contenu se distingue des autres, parce que c’est celui d’un diffuseur public libre et indépendant.

Mais pour ça, il faut avoir des ressources et être capable de conserver une certaine qualité, non?

À un moment donné, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.  À l’heure actuelle, on a l’impression qu’on est en train de lapider le patrimoine familial.  Si on veut faire des transformations, cela prend des leaders inspirants, des membres du conseil d’administration qui sont à leur manière des visionnaires, des gens qui sont capables de réfléchir et de consulter. Malheureusement aujourd’hui, on est pris avec une mouvance conservatrice qui est celle qui doit procéder à ces changements.  Je me permets de douter du plan qui est proposé, qui est mis sur la table parce que c’est à peu près certain qu’il est collé à cette mouvance, qu’il est issu de cette mouvance.

Qu’est-ce que les Canadiens et les travailleurs de Radio-Canada peuvent faire?

Ma contribution était d’écrire un livre.  La contribution de n’importe lequel individu c’est de signer une pétition, de rencontrer son député et les candidats lors des élections qui s’annoncent au fédéral. C’est d’écrire des lettres dans les journaux.  C’est de relayer toutes ces informations où on lance un appel à une certaine forme de survie, pour maintenir le diffuseur public sur Facebook, sur les réseaux sociaux.

Et en parallèlement de tout ça, il faut poursuivre le débat pédagogique. Notre job, c’est d’expliquer pourquoi c’est si important, même à l’ère numérique de maintenir Radio-Canada comme producteur de contenus. C’est fondamental. Les meilleurs pédagogues d’entre nous doivent s’impliquer dans des lettres, des déclarations, des échanges dans nos familles, avec tout le monde.

Références du livre d’Alain Saulnier Ici était Radio-Canada

Des artistes sont inquiets

Le collectif Je suis Radio-Canada (facebook.com/jesuisradiocanada|) a produit une série de vidéos où des artistes s’expriment sur le lien qui les unit à Radio-Canada. Leurs témoignages mettent en relief le rôle que joue le diffuseur public dans la société par sa programmation unique. Les voici : 

 

Catherine Durand, auteure-compositeure-interprète : « Radio-Canada, c’est probablement la plus belle fenêtre et la plus belle porte d’entrée pour la culture francophone ».

 

David Giguère, comédien et musicien : « On a besoin de moyens pour que cette télé évolue et continue de nous ressembler ».

 

Angèle Dubeau, violoniste : « Je viens partager mon inquiétude grandissante quant à l’avenir de notre service public ».

 

Catherine Major, auteure-compositeure-interprète et musicienne : « Pour moi, Radio-Canada, c’est la survie des artistes ».

 

Stéphane Archambault, du groupe Mes Aïeux : « C’est la première place qui a diffusé un paquet d’artistes qu’on entend aujourd’hui ».

 

Alex Nevsky, auteur-compositeur-interprète : Radio-Canada, c’est une bonne partie de mon éducation et une énorme fenêtre sur le monde.

 

Louise Forestier, auteure-compositeure-interprète : « Ce qui se passe est en train de me rendre complètement folle ».

 

Vincent Vallières, auteur-compositeur-interprète : « Radio-Canada est un lieu de diffusion d’exception, parce que ça permet la diversité des genres, la diversité des musiques, la diversité télévisuelle ».

 

Michel Rivard, auteur-compositeur-interprète : « Il faut que Radio-Canada survive et continue sa mission au 21e siècle ».

 

Louis-Jean Cormier, artiste de la chanson : « Radio-Canada représente pour moi un oeil sur le monde, un tympan sur la réalité musicale du Québec, une source inépuisable de culture générale ».

 

Ariane Moffat, auteure-compositeure-interprète : « C’est fondamental qu’on ait la voix de Radio-Canada pour continuer à être juste un peu hors des sentiers battus ».

 

Pierre Lapointe, auteur-compositeur-interprète : « La culture, l’information, la curiosité, ça rapporte pas rapidement, ça rapporte à long terme dans une société ».